Κυριακή, 1 Ιανουαρίου 2012

Η ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΔΙΑΣΠΟΡΑ ΣΤΗΝ ΥΠΟΣΑΧΡΑΡΙΑ ΑΦΡΙΚΗ : ΕΠΙΧΕΙΡΗΜΑΤΙΚΟΤΗΤΑ, ΚΟΥΛΤΟΥΡΑ ΚΑΙ ΑΝΑΠΤΥΞΗ ΤΩΝ ΕΛΛΗΝΩΝ ΣΤΟ ΚΑΜΕΡΟΥΝ.
LA DIASPORA HELLÉNIQUE EN AFRIQUE NOIRE : ÉSPRIT D’ENTREPRISE, CULTURE ET DÉVELOPPEMENT DES GRECS AU CAMEROUN.
HELLENIC DIASPORA IN SUBSAHARAN AFRICA: ENTREPRENEURSHIP, CULTURE AND DEVELOPMENT OF GREEKS IN CAMEROON.
Editions universitaires europeennes (12 décembre 2011), 424 pages, Français , French.
ISBN-10: 613150380X 
ISBN-13: 978-6131503801

Résumé
Arrivés au Cameroun autour des années 1920, ils ont été étudiés selon trois perspectives, une perspective interne (leur itinéraire par rapport à leur projet migratoire, la constitution culturelle d’une diaspora, etc.), les empreintes qu’ils ont laissées au pays d’accueil et les interférences qu’ils ont pu avoir  avec le pays  d’accueil par le biais de leurs entreprises. Minorité visible parmi d’autres étrangers, ils ont été au cœur du système colonial de traite. Ils se sont investis en intermédiaires dans les secteurs de l’économie coloniale. Très vite urbains après avoir été des aventuriers broussards avant, ils  se constituent en communautés (1948). À partir de 1950 et des plans FIDES d’équipement des territoires coloniaux français, ce sera leur apogée. Ils monteront en gamme sur le plan économique. La croissance économique et l’urbanisation ont fait naître de nouvelles activités comme le bâtiment, la construction, la quincaillerie, les grands magasins, l’importation d’articles divers. La longue période d’ajustement structurel et la dévaluation du FCFA en 1994, ont découragé les hommes d’affaires grecs à la fois solidaires et concurrents. Leur fonction d’intermédiaire s’affaiblissant, une série d’activités qu’ils faisaient (exploitation forestière, transport) sont passées ainsi dans les mains des concurrents (Libanais, Bamiléké etc.). Avec les indépendances, ils céderont le petit commerce aux nationaux, seront touchés par l’africanisation des entreprises et la concurrence d’entrepreneurs africains dynamiques. Ils gardent encore le commerce technologique sophistiqué, les supermarchés et ont de petits investissements industriels  et une place de choix dans la boulangerie.
Abstract
Greeks arrived in Cameroon around 1920 and so they were examined from three perspectives, an internal perspective (their route based upon their migration, the cultural constitution of a diaspora, etc.), the marks they have left to the host country and the interference they have had with the host country through their businesses. Being a visible minority among other foreigners, they were at the heart of the colonial system of trafficking. They invested in intermediate sectors of the colonial economy. Soon after urban adventurers before, they form communities (1948). Since 1950 and thanks to the FIDES plans concerning the development of French colonial territories, they will reach their peak. They will see their business expanding rapidly. Economic growth and urbanization created new activities such as building, construction, hardware, department stores, and the import of various items. The long period of structural adjustment and devaluation of the FCFA in 1994 discouraged the weakened and competition Greek businessmen. As their intermediary function, a number of their activities (forestry, transportation) placed in the hands of competitors like the Lebanese and the Bamileke. Since the country independence, they will lose their small business to the local people and they will subsequently be affected by the Africanization of business and competition dynamics of African entrepreneurs. They still keep sophisticated technology trade, supermarkets and small industrial investment and an important place in the bakery industry.
MOTS-CLÉS : Diaspora hellénique, Esprit d’entreprise, Migrations, Afrique subsaharienne, Cameroun.
KEY WORDS: Hellenic Diaspora, Entrepreneurship, Migrations, Sub-Saharan Africa, Cameroon.
 
LA DIASPORA HELLÉNIQUE EN AFRIQUE NOIRE : ESPRIT D’ENTREPRISE, CULTURE ET DÉVELOPPEMENT DES GRECS AU CAMEROUN.
Nous avons étudié la présence hellénique au Cameroun selon trois perspectives, une perspective interne (leur itinéraire par rapport à leur projet migratoire, la constitution culturelle d’une diaspora, etc.), les empreintes qu’ils ont laissées au pays d’accueil et les interférences qu’ils ont pu avoir  avec le pays  d’accueil par le biais de leurs entreprises. Minorité visible parmi d’autres étrangers, ils ont été au cœur du système colonial de traite. Ils se sont investis en intermédiaires dans les secteurs de l’économie coloniale ; spécialement la   collecte de produits exportables - cacao, café, bois, etc. - pour de grandes maisons de commerce ou  pour eux-mêmes, le transport (distribution des marchandises importées et des personnes qui leur permettait de contrôler ainsi le circuit d'approvisionnement des grands centres urbains). Très vite urbains après avoir été des aventuriers broussards avant, ils  se constituent en communautés (1948). À partir de 1950 et des plans FIDES d’équipement des territoires coloniaux français, ce sera leur apogée. Ils monteront en gamme sur le plan économique. La croissance économique et l’urbanisation ont fait naître de nouvelles activités comme le bâtiment, la construction, la quincaillerie, les grands magasins, l’importation d’articles divers. La longue période d’ajustement structurel et la dévaluation du FCFA en 1994, ont découragé les hommes d’affaires grecs à la fois solidaires et concurrents. Leur fonction d’intermédiaire s’affaiblissant, une série d’activités qu’ils faisaient (exploitation forestière, transport) sont passées ainsi dans les mains des concurrents comme les Libanais et les Bamiléké. Avec les indépendances, ils céderont le petit commerce aux nationaux, seront touchés par l’africanisation des entreprises et la concurrence d’entrepreneurs africains dynamiques. Ils gardent encore le commerce technologique sophistiqué, les supermarchés et ont de petits investissements industriels  et une place de choix dans la boulangerie.

Les Grecs sont arrivés au Cameroun dans les années 1920. Les premiers Grecs arrivés au Cameroun possédaient, pour la plupart, un contrat avec une maison européenne qui les embauchait comme cadres moyens ou intermédiaires. Ces migrants ont, à un moment donné, changé d’occupation, et se sont mis à leur compte, en s’appuyant sur la présence d’individus originaires de leur pays, de leur région ou de leur village d’origine qui étaient déjà installés au Cameroun. Ces pionniers étaient marqués par leur culture d’origine : soit la culture des ressortissants des régions pauvres de la Grèce continentale ou insulaire, soit celle plutôt cosmopolite et bourgeoise des Hellènes de la diaspora qui venaient d’Asie Mineure, d’Egypte ou des régions du Pont. Le contact des Grecs avec le colonialisme d’une part, avec les cultures africaines d’autre part, a aidé ces migrants à s’insérer dans un environnement où ils ont pu constituer les réseaux d’une diaspora dans presque tous les pays d’Afrique. Cette diaspora représentait un ensemble d’individus, aventuriers, commerçants, ouvriers, professions libérales, entrepreneurs qui ont cherché fortune en Afrique attirés par ceux qui s’y étaient établis précédemment.
Cette migration hellénique vers le Cameroun a commencé pendant la période coloniale et s’est appuyée sur le système économique d’intermédiaires qui avaient la capacité de vivre et de travailler dans l’hinterland africain, dans des conditions particulièrement difficiles pour les Européens. Progressivement, les invitations faites par les pionniers ont permis l’accroissement du nombre de Grecs au Cameroun ; ils ont rencontré là-bas toutes les conditions nécessaires pour être bien intégrés dans le système économique colonial. Les Hellènes ont acquis la réputation de bons commerçants, car ils ont réussi à se libérer des grandes maisons commerciales en créant des entreprises personnelles dans les secteurs « libres » ou de concurrence faible. La tradition entrepreneuriale des Grecs reposait sur plusieurs éléments comme par exemple la connaissance du terrain, des langues locales, des conditions d’approvisionnement et de vente, la diversité des activités etc., mais aussi sur une solidarité familiale, une culture d’esprit communautaire et la formation d’un système de réseaux diasporiques qui ont facilité la circulation des savoir-faire, des idées et des techniques nouvelles, permettant au système de se  renouveler, d’absorber le choc des changements et, donc de durer.  
L’identité entrepreneuriale hellénique en Afrique n’a pas conservé les mêmes caractéristiques depuis ses premiers pas sur le continent. Puis, lorsque la concurrence a augmenté et que sont apparus de nouveaux concurrents sur le marché, ils se sont tournés à temps vers de nouvelles activités. Lorsque la place des Grecs comme intermédiaires dans le système économique s’est affaiblie, les entrepreneurs grecs se sont orientés vers de nouvelles activités qui se développaient dans les villes. Les activités entrepreneuriales des Hellènes sont diverses et se font simultanément pour affronter ainsi les risques de la concurrence. Leurs changements d’activités ont été plus apparents dans les années 1980, en pleine époque de prospérité économique pour le Cameroun. La croissance économique et l’urbanisation ont fait naître de nouvelles activités comme le bâtiment, la construction, la quincaillerie, les grands magasins, l’importation d’articles ménagers, les nouvelles technologies (machines agricoles, groupes électrogènes, climatiseurs etc.) qui ont attiré les entrepreneurs grecs. Leurs changements d’activité ont eu aussi une raison supplémentaire qui a été, comme nous l’avons déjà mentionné, leur place de plus en plus faible dans le circuit du commerce du cacao et du café à cause de la libéralisation des marchés et de l’entrée de concurrents locaux. Leur fonction d’intermédiaire s’affaiblissant, une série d’activités qu’ils faisaient parallèlement au commerce des produits (exploitation forestière, transport) sont passées aussi dans les mains des concurrents comme les Libanais et les Bamiléké.
L’indépendance n’a pas vraiment apporté des changements radicaux dans leur statut d’étrangers et de Blancs au Cameroun. Ce qui a eu progressivement des conséquences sur leur statut dans les affaires est dû principalement à l’évolution de la sphère internationale et régionale, ainsi que des politiques nationales du Cameroun. Sans qu’une politique hostile soit exercée contre les étrangers, les activités des locaux, qui jusqu’alors avaient été négligés par le système économique et ses institutions, ont été favorisés.  Les Grecs pouvaient s’appuyer sur l’aide des institutions financières (banques) afin d’accroitre leurs activités économiques et mettre en œuvre leurs projets entrepreneuriaux. Les Camerounais n’avaient pas les mêmes occasions de financement à l’époque coloniale ; ils étaient pratiquement coupés du système bancaire même après l’indépendance de leur pays. Ils possédaient malgré tout leurs réseaux de solidarités (tontines) mais aussi se heurtaient à des difficultés face au système économique dit moderne. Cependant les Grecs eux aussi avaient des réseaux de solidarité qui étaient plutôt des réseaux de caractère familial pour la recherche de capitaux, et le soutien communautaire pour les nouveaux venus, pour la « gestion » des informations et la conservation des particularités culturelles. Leur structure communautaire a joué un rôle important afin d’instaurer une confiance entrepreneuriale au sein du groupe ethnique des Grecs, mais aussi avec une dimension interethnique, principalement avec les autres communautés étrangères non-africaines. Cette structure représente un espace d’interconnaissance personnelle structuré par trois niveaux de sociabilité (les amis, les « clans », la communauté), auxquels correspondent trois espaces de confiance (la confiance intime, la confiance sociale et la confiance économique). La confiance en affaires dans le cadre des communautés de non Africains, reposait moins sur les préjugés de « race » que sur la longue fréquentation des individus étrangers non Africains entre eux. Les relations des Grecs entre eux, au sein de leur communauté ethnique, et aussi leurs relations avec d’autres communautés comme celle des Français et des Libanais, formaient un certain type d’ « échanges » et instaurait un mécanisme de survie qui complétait l’organisation communautaire. Tout ce système a fonctionné, comme le suggère la théorie des coûts transactionnels, dans un contexte de faiblesse institutionnelle – surtout dans la période postindépendance – comme ressource stratégique sur le marché. Dans le cadre des activités entrepreneuriales sur des marchés imparfaits, en dehors des facteurs traditionnels de production (terre, travail, capital), existent toute une série de facteurs « clés » comme le sont les réseaux d’information, les relations politiques, les mécanismes institutionnels qui garantissent les transactions et facilitent le transfert des capitaux. Les entrepreneurs en Afrique subsaharienne avaient à affronter des marchés imparfaits caractérisés par la précarité. Pour les Grecs, cette précarité était entre autres due au fait que l’activité entrepreneuriale prenait fin quand l’entrepreneur – créateur de l’entreprise – n’avait pas de successeur. Le manque de suite dans une activité entrepreneuriale limite aussi la créativité de l’entrepreneur qui arrive à la fin de sa carrière sans avoir de successeur qui poursuivra son rêve dans les affaires. Ainsi l’activité entrepreneuriale était condamnée soit à prendre fin avec la « mise à la retraite » de l’entrepreneur, soit à continuer son existence sous d’autres mains qui souvent étaient les mains de Camerounais.
Les entreprises grecques au Cameroun sont majoritairement familiales et ont gardé ce caractère parce qu’il exprime la continuité, le sentiment de sécurité et de  confiance, et aussi sur le plan culturel c’est un point de repère qui lie les individus à un itinéraire commun dans l’espace de leur diaspora. Les Grecs luttent avec les groupes concurrents pour le contrôle des échanges avec l’extérieur mais aussi pour le contrôle du marché local. Leur organisation communautaire les a aidés en leur offrant des avantages comparatifs lors du démarrage dans les affaires et la sécurisation de leur position par la suite. Bien que cette organisation communautaire soit déterminante au départ, elle paraît être secondaire sur le plan économique concernant les flux avec l’extérieur. La forte présence des Grecs dans le secteur des importations est liée au fait qu’ils ont la capacité d’obtenir la confiance des fournisseurs étrangers. Les difficultés de leurs concurrents africains reposent sur le fait qu’ils n’ont pas la même capacité à gagner la confiance des partenaires étrangers. Mais, par contre, ils ont les avantages liés au contrôle de tout un mécanisme d’importations par des voies informelles.
Leur évolution dans le monde des affaires s’appuie sur des transferts culturels, de certains types de comportements et de savoirs faire. La réduction, par exemple, de la présence hellénique au Cameroun, n’est pas due exclusivement aux difficultés liées à un environnement entrepreneurial rude et particulier, à la concurrence illicite, et à la précarité institutionnelle. Elle est due surtout aux mutations microsociales dans le cadre de la communauté hellénique elle-même. Les dynamiques socioculturelles des Grecs ont changé depuis le début de leur présence au Cameroun. Les premiers arrivés étaient célibataires. Ils voulaient s’enrichir et retourner au pays d’origine. Plusieurs l’ont fait, en particulier un nombre important d’entre eux n’a pas eu de successeur et a transféré ses richesses acquises en Grèce, pour vivre les dernières années de sa vie dans l’aisance. La majorité de ceux rentrés en Grèce ont investi dans l’immobilier. Un nombre restreint parmi eux a investi dans les affaires en Grèce. C’était surtout le cas de migrants saisonniers au Cameroun qui n’avaient pas perdu le contact avec la culture et le mode de vie du pays d’origine. Ceux qui avaient quitté la Grèce pour très longtemps ou qui sont nés au Cameroun n’ont pas, pour la plupart, pu commencer et surtout faire évoluer une activité entrepreneuriale en Grèce, et sont revenus au Cameroun. Parmi les Grecs du Cameroun, il y a encore une catégorie d’individus qui ont pu assurer la continuité de leurs activités entrepreneuriales sur place grâce aux membres des 2e ou 3e générations. Ces activités entrepreneuriales helléniques sont actuellement parmi les plus florissantes au Cameroun. Le transfert culturel s’est fait surtout par la famille, rarement par la communauté. La communauté fonctionne plus comme un rassemblement, un repère culturel de gens qui ont déjà reçu par leur famille une forte culture identitaire. Les autres, ceux qui ont reçu une éducation dans une école étrangère au Cameroun, fait des études en Europe ou en Amérique, et qui ont formé leur caractère et leur culture dans un environnement en dehors de la culture hellénique en Afrique, ont de grosses difficultés à s’adapter à cet environnement entrepreneurial africain. De grandes maisons ont été vendues par les successeurs. Dans ces cas le processus de la transmission culturelle des valeurs du groupe par le biais de l’apprentissage social n’a pas pu s’accomplir.  
Les entrepreneurs grecs étaient motivés par l’accumulation d’un capital. Ils ont été souvent dénoncés pour leur comportement d’exploiteur, de prédateur, sans pour autant être mis au même rang que les colonisateurs. Les Grecs du Cameroun revendiquent une place importante dans le développement des innovations dans le domaine des affaires, dans la promotion de nouvelles activités qui ont par la suite attiré les locaux, ainsi que pour leur rôle important dans la construction et l’aménagement des villes du Cameroun. Bien qu’ils n’aient jamais eu la volonté de s’assimiler dans la société camerounaise, ils mettent toujours en avant dans leurs discours leurs liens historiques et sociaux avec le pays.

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Πτυχίο στα οικονομικά (πανεπιστήμιο Μακεδονίας),DEA (πανεπιστήμιο Paris 2),διδακτορικό δίπλωμα (τμήμα οικονομικών επιστημών του πανεπιστημίου Θεσσαλίας), δεύτερο διδακτορικό δίπλωμα (τμήμα ανθρωπογεωγραφίας του πανεπιστημίου Michel de Montaigne - Bordeaux 3). Μ'αρέσουν τα ταξίδια, οι ήχοι και οι μυρωδιές του κόσμου. Θέλω να μοιραστώ μαζί σας την αγάπη μου για την Αφρική.